• Ouverture d'un drive à la bibliothèque Bussy-Rabutin

    A partir du 26 mai

Vous êtes ici

Noir et blanc : le pur et l'obscur

irht_107589_2rog300pix.jpgLe blanc, symbole de pureté et d’innocence pour l’Occident chrétien, évoque la lumière sans ombre de midi. Il figure la chasteté et la sainteté, notamment dans la représentation des vierges ou les vêtements du pape. Souvent utilisé en opposition avec le noir, couleur du néant et de la mort, le blanc suggère le triomphe des forces de la vie éternelle.

Les enlumineurs utilisaient soit la craie (8), soit la céruse, que l’on obtenait en suspendant des plaques de plomb au-dessus d’un vase contenant de l’urine ou du vinaigre, et en récoltant la « croûte » qui se formait à leur surface. Malgré sa haute toxicité, la céruse fut longtemps utilisée comme cosmétique, pour unifier et blanchir le teint.

Le noir, c’est la part de l’ombre, de la nuit et du mal. Les enlumineurs le réservent donc à la représentation de la mort, du malin et du renoncement au monde terrestre. Parfois utilisé pour les fonds, il fait ressortir l’or.

On l’obtenait à partir du noir de fumée, par calcination de sarments (« noir de vigne »), d’ossements (« noir d’ivoire ») ou de résines (8).

Le noir sert aussi à la fabrication des encres. On en a recensé de multiples recettes, de deux types : les encres au carbone et les encres métallo-galliques. Pour les premières, on mêle le noir de fumée à un liant : gomme arabique, colle de peau ou miel. Pour les secondes, plus tenaces mais plus agressives, on ajoute du sulfate de cuivre ou de fer à une décoction de noix de galle (1) ou d’écorce, très tannique, et une gomme ou une résine comme liant.

Les manuels médiévaux donnent de plus des recettes d’encre additionnées de substances colorées visant à obtenir des encres brunes, vertes ou bleues. L’encre rouge, obtenue par l’usage du minium ou du cinabre, servait pour les « rubriques » (du latin ruber, rouge), segments de texte que la couleur mettait en évidence.