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Un art du détail

irht_107627_2rog.jpgL’enluminure est l’art de l’infiniment petit. Pour s’exprimer, l’artiste ne dispose que des espaces restreints que lui a réservés le copiste sur le parchemin, support par excellence de l’enluminure.

Le parchemin est obtenu à partir de peau de mouton, de chèvre ou de veau longuement trempée dans un bain de chaux, tendue sur un cadre, raclée, et lissée.

Le procédé, dit-on, fut mis au point au IIe siècle à la bibliothèque de Pergame, rivale d’Alexandrie.

 

D’une exceptionnelle solidité, et supportant mieux l’humidité ainsi que les encres et peintures, il se substitua progressivement au papyrus (Ve siècle). Il en existait différentes qualités, dont la plus fine, le vélin, était faite de peaux de veau.

irht_107581_2_200pix.jpgDe l’esquisse tracée à l’encre au tracé général, des contours et encadrements à la pose des couleurs, l’enlumineur utilise les outils et matières que la nature lui offre : stylets de métal ou d’os, pointe sèche, mine de plomb, plumes de divers oiseaux du corbeau au héron, de l’oie à la bécasse (la célèbre « plume du peintre). Pinceaux d’épaisseurs variées, mie de pain en guise de gomme, tampon de gomme adragante comme correcteur, grattoir pour lisser le parchemin complètent l’attirail de l’artiste…

De nombreux petits récipients contiennent or et argent en feuille ou en poudre, et l’infinie palette des pigments d’origine animale, végétale ou minérale, du plus exotique et rare (lapis-lazuli, safran) (8) au plus humble (terres, jus de diverses baies et feuilles). Pilés à l’aide d’une molette de verre ou d’un pilon de porphyre, les pigments sont mêlés aux additifs les plus variés afin d’atteindre le juste degré de souplesse : eau, œuf, miel, bière, vin, vinaigre, urine, colles animales, résines et gommes végétales…

Le monde naturel se combine à l’observation et à l’ingéniosité pour faire chanter le « liber floridus ».